Frank Houbre
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Tutoriels13 min de lecture

Comment créer une pub vidéo avec l’IA comme une agence pro

Brief client, variantes, conformité, livrables, et finitions qui passent la review créa.

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Une pub pro n’est pas une démo de capacité d’outil, ni une course au effet waouh si le message produit disparaît sous la technique. C’est un brief traduit en images acceptées par une chaîne de validation, livrée avec des masters propres, des variantes utiles, et une traçabilité de ce qui est généré ou retouché. L’IA change la vitesse, pas l’obligation de clarté client. Ce guide mélange méthode agence et technique génératif : scénarios réels, workflow de production, table de conformité, trench warfare, liens encyclopédiques, quatre liens internes, FAQ.

Scénario A. L’équipe livre un master magnifique. Le client demande la version sans sous-titres intégrés, la version 1:1, la version six secondes, et la version avec packshot finale. Personne n’a gardé les calques ni les prompts. Refaire coûte plus cher que prévu.

Scénario B. Le créatif passe en review juridique. Des logos non autorisés apparaissent sur des produits générés. La campagne slide.

Scénario C. La vidéo « IA » est rejetée parce que les visages glissent entre les plans. Le problème n’était pas le budget, c’était l’absence de feuille de continuité et de cadrages prudents.

Ce qui change avec l’IA en agence, et ce qui ne change pas

Ne change pas. Le brief, la validation, la conformité marque, la gestion des retours, la facturation claire, la preuve de licence, le respect des safe zones, la qualité audio, le rythme du montage.

Change. La vitesse d’exploration des directions, le coût marginal d’une variante visuelle, le besoin de traçabilité des prompts et seeds, le risque de détails illicites générés, l’exigence de nettoyage des images avant publication.

Le client ne paie pas le modèle, il paie la décision. Ton devis doit refléter le jugement, le cadrage juridique, la reprise en montage, pas seulement le nombre de clips sortis du tuyau.

Le brief minimum viable, avant tout prompt

Proposition unique en une phrase. Ce que le spectateur doit retenir après une lecture.

Preuve sociale et témoignages. Si le brief exige des UGC ou des quotes, vérifie l’authenticité et les droits. Si c’est synthétique, assure-toi que le client accepte l’étiquetage requis.

Cible et contexte de diffusion. Réseau, TV web, pre-roll, salon, chaque contexte impose des durées, ratios, zones safe.

Ton et interdits marque. Humour, sérieux, pas de violence, pas de clichés, liste honnête.

Livrables listés. Durées, ratios, versions avec et sans texte, langues si VO.

Contraintes légales. Droits talent, musique, marques, pays de diffusion.

Un brief flou produit des prompts flous. Les prompts flous produisent des allers-retours chers.

Structure narrative courte, huit à trente secondes

Accroche 0 à 2 s. Image forte lisible en silence. Évite les détails qui exigent une lecture longue, commence par la silhouette ou le produit.

Promesse 2 à 6 s. Produit, bénéfice, ou émotion ciblée. Un seul message dominant, pas trois promesses superposées.

Preuve ou démonstration 6 à 12 s. Détail, usage, social proof visuelle si autorisé.

Call to action final. Logo, URL, slogan, packshot.

Adapte les durées au média. Un pre-roll de six secondes compresse tout en deux beats.

Beat sheet en secondes. Écris une ligne par seconde ou par bloc de deux secondes, ce qui doit être compris sans son, ce qui nécessite la voix off, ce qui est texte à l’écran. Les médias mobiles mutent souvent au scroll, le message visuel doit tenir sans audio.

Variantes régionales. Si tu dois livrer trois langues, prévois des plans avec espace négatif pour le texte localisé plutôt que du texte brûlé dans chaque take. L’IA adore brûler du texte, c’est une dette de retouche.

Une pub pro est un contrat de compréhension en quelques secondes. Si tu ne sais pas ce que le spectateur doit comprendre à la seconde 3, le génératif ne le inventera pas à ta place.

Workflow agence, de la mood à la livraison

Étape 1 : moodboard trois directions maximum

Pas douze. Trois directions traduites en règles lumière et palette.

Étape 2 : validation direction

Un stakeholder signe une direction avant génération masse.

Étape 3 : storyboard ou shotlist

Même textuel. Plans numérotés.

Étape 4 : génération images pilotes par plan

Verrouille lumière et ratio.

Étape 5 : motion contrôlée

Clips courts, mouvements simples, reprises si glissement.

Plan B motion. Si le visage dérive, recadre sur dos, mains, produit, silhouette. La pub doit passer la validation, pas gagner un prix de plan face.

Stabilisation. Préfère des sources stables plutôt qu’une stabilisation lourde qui mange les bords et révèle des artefacts IA.

Étape 6 : offline montage

Coupe sèche, rythme, mixage.

Étape 7 : conformité

Safe zones, niveaux sonores, flashes si régulation.

Photosensibilité. Si effets stroboscopiques, vérifie les règles locales et les warnings plateforme.

Watermark preview. Les previews client portent un filigrane léger si la facture n’est pas réglée, politique agence à clarifier au préalable.

Étape 8 : package livrable

Masters, proxies, captures de prompts, changelog.

Étape 9 : QA client sur device

Projection téléphone, écran bureau, parfois écran de réunion bas débit. Ce qui est beau sur une Apple XDR peut être illisible sur un écran cheap.

Étape 10 : gel et archive

Dossier figé, checksum si politique interne, accès lecture pour reprise six mois après.

Devis et variantes. Indique clairement « inclus : 2 directions mood, 1 direction retenue, 3 tailles, 1 master sans texte ». Chaque variante hors périmètre est une ligne de facturation ou un change order signé.

Second repère, profondeur et grain, avant passage vidéo ou post.

Table conformité livraison

LivrableContenuErreur fréquente
MasterProRes ou MOV hautecompression sociale par erreur
1:1 / 9:16recadrage dédiécrop auto sur le visage
SRTtimings proprestexte brûlé dans l’image
Musiquelicence PDFpiste « free » non couverte
Brandlogo vectoriellogo raster flou

Devis, périmètre, et change order

Un devis agence pro liste les hypothèses. Nombre de secondes finales, nombre de ratios, nombre de tours de review inclus, délai de retour client, ce qui se passe si le client dépasse le délai, ce qui est hors scope, stockage des fichiers combien de mois.

Change order. Toute demande qui casse le périmètre, nouvelle langue, nouveau packshot, nouveau casting visuel, nouvelle musique, doit être écrite et acceptée. Sinon l’équipe crève en silence et le client croit que « c’est rapide avec l’IA ».

Crédits machine. Si tu factures à la marge, documente une unité compréhensible, session de génération, rendu final, pas « tokens » obscurs pour un acheteur marketing. Arrondis à l’heure ou au demi-jour pour simplifier.

Juridique et brand safety, sans parano mais avec méthode

Marques et produits. Évite les packshots réels non autorisés. Utilise des formes génériques ou des assets fournis par le client sous licence.

Personnes réelles. Ne reproduis pas des célébrités ou des clients identifiables sans cadre. Les archétypes visuels sont moins risqués que le mimétisme exact.

Musique et voix. Voix IA soumises aux conditions du fournisseur. Musique stock avec preuve d’achat. Si le client apporte une piste, archive l’email de droits.

Mentions réglementaires. Santé, finance, alcool, chaque vertical a ses obligations. Le créatif ne remplace pas la conformité légale, il l’intègre dans le brief.

Checklist brief, copier coller pour le client

Objectif en une phrase. Audience. Durée par format. Ratios. Ton. Interdits. Preuves à montrer ou à éviter. Logo et charte fournis oui non. Packshots fournis oui non. Voix off fournie oui non. Langues. Date de diffusion. Pays. Livrables exacts listés. Nom du décideur final.

Si une case est vide, tu refuses de lancer la prod ou tu marques l’hypothèse par écrit.

Calendrier réaliste, même avec l’IA

Jour 1–2, brief et validation direction. Jour 3–5, storyboard et pilotes. Jour 6–8, motion et montage. Jour 9–10, conformité et exports. Marge pour retours client.

Compresser ce calendrier est possible, mais chaque compression retire une marge de reprise. Les accidents IA coûtent cher quand ils arrivent la veille du media buy.

L’IA raccourcit certaines tâches, elle ne supprime pas la file d’attente humaine des validations.

Packshot, produit, et finition brand

Packshot propre. Génère un fond neutre et composité le produit fourni par le client en haute définition quand c’est possible. Les typographies de packaging générées sont souvent fausses ou illisibles.

Couleurs Pantone ou hex charte. Mate le rendu sur deux écrans. Une dérive sur la couleur brand est un refus classique en review.

End line et baseline. Place-les en post avec les polices officielles. Demande les fichiers vectoriels et les marges de protection logo.

Voix off, sous-titres, et accessibilité

Voix humaine ou synthétique, dans les deux cas, niveaux cohérents, bruit de fond contrôlé, dé esser si nécessaire. Ducking propre sous la musique.

Sous-titres avec contrastes lisibles, pas seulement du blanc pur sur blanc. Respecte les guidelines d’accessibilité si le client s’y engage.

Traduction. Prévois la dilatation du texte, l’allemand et le français ne tiennent pas dans les mêmes cadences. Évite les plans trop serrés sur la bouche si la VO change de longueur.

Étalonner la couleur pour plusieurs fins

Une fois le master validé, dérive les versions 1:1 et 9:16 avec des recadrages pensés, pas des crops automatiques sur le centre. Vérifie les visages et les logos dans les safe zones mobiles.

Exports réseaux. Parfois un léger sharpen global détruit sur mobile. Teste sur téléphone avec luminosité auto.

Post-mortem interne, cinq questions

Qu’est-ce qui a dérivé par rapport au brief ? Où l’IA a-t-elle fait gagner du temps ? Où a-t-elle caché une dette ? Quels prompts faut-il réutiliser tels quels la prochaine fois ? Quels interdits ajouter à la bible client ?

Rétention des apprentissages. Mets à jour un template de brief interne après chaque projet raté ou réussi. L’agence qui ne capitalise pas devient une ferme à prompts jetables.

Remise au média et analytics

Fournis UTMs si le client les utilise, et des versions sans texte pour les placements dynamiques. Ne promets pas des performances, promets des livrables techniques conformes. Si le client veut optimiser, prévois une itération payante après lecture des stats.

Pixels et tracking ne sont pas ton cœur de métier sauf accord, mais tu dois savoir si la vidéo sera recadrée par la plateforme et prévoir des safe zones adaptées.

Trench warfare

Promettre l’hyper personnalisation sans marge. Les variantes explosent en temps machine et humain.

Oublier la mention « contenu généré » si requise par la plateforme ou le client.

Laisser le texte dans l’image quand le client veut du localisable.

Livrer uniquement du MP4 ultra compressé sans master. Impossible de corriger proprement au pick-up.

Accepter un logo produit généré sans validation packaging. Les formes et typos peuvent être fausses.

Sous-estimer le mixage. Une pub IA visuellement propre avec un bruit de chambre absurde ou une musique mal duckée sous la voix sonne amateur.

Négliger les sous-titres accessibles. Même si le client ne demande pas, propose-les pour les réseaux, c’est souvent un argument de conformité.

Oublier le thumbnail. Pour beaucoup de placements, la vignette compte autant que les trois premières secondes. Prévois une frame dédiée ou un export still.

Relation client et cycles de review

Réunion de cadrage. Quinze minutes pour aligner objectif, interdits, livrables. Un compte rendu email qui reprend les décisions. Les « on s’est compris » oraux sans trace reviennent en boomerang.

Palette de retours. Interdiction de « je n’aime pas » sans critère. Propose trois axes, lumière, rythme, branding, et fais choisir une priorité par tour.

Sandbox créative. Montre des tests basse résolution avant d’engager la génération 4K ou les longs clips. Le client valide la direction sur des images moins chères en temps humain.

Compte rendu de réunion en trois lignes. Décisions, prochaines actions, propriétaires. Sans ça, le client oublie ce qu’il a validé et tu refais gratuitement.

Collaboration créa, strat, et média

La stratégie doit contrer les excès esthétiques sans vocabulaire technique. Traduis « on veut du premium » en contraintes, faible saturation, lumière latérale, cadrage aéré, lent sur le packshot. Traduis « on veut du jeune » en rythme plus rapide et formats verticaux, pas en clichés visuels qui vieillissent mal.

Le média impose des durées et des hooks. Un média planner qui demande trois secondes de marque avant le skip n’est pas un ennemi du créatif, c’est une contrainte de design. Écris-la dans le brief et storyboard dès le départ.

Les A/B tests demandent parfois deux hooks visuels distincts, pas deux couleurs de LUT. Prévois deux ouvertures si le budget l’inclut, sinon documente que le test est limité.

Pour le vocabulaire marketing, marketing. Pour la communication, communication. Pour le storyboard, storyboard. Pour le branding, marque (marketing) rappelle que logo et promesse doivent rester alignés dans la livraison.

Dossier projet type, arborescence simple

01_brief, 02_mood, 03_storyboard, 04_stills, 05_motion, 06_audio, 07_exports, 08_legal, plus un README d’une page pour l’onboarding rapide. Dans 04_stills, un prompts.txt par scène. Dans 07_exports, nomme avec _master, _social, _clean. Les freelances et les stagiaires retrouvent sans Slack archivé.

Naming. client_campagne_plan02_v03_date.png évite le chaos. Le v03 doit correspondre à une entrée dans le changelog. Ajoute _INTERNAL aux fichiers non destinés au client final.

Liens utiles dans la série AI Studio

Foire aux questions

Facturation au forfait ou au temps ?

Documente le nombre de variantes incluses. Le forfait demande un périmètre figé, le temps demande un compte rendu d’heures transparent.

Qui signe le brief ?

Un seul interlocuteur décisionnaire nommé. Les comités flous tuent les délais.

Musique IA libre ?

Vérifie licence et territoire. Archive le PDF ou la capture d’achat.

Dois-je livrer les prompts ?

Selon contrat, souvent un résumé suffit. Les secrets d’outil peuvent rester internes si le livrable final est validé.

Formats TV ?

Gabarits safe title, EBU R128 audio si applicable. Demande le spec exact au media planner.

Droits acteurs générés ?

Cadre contractuel, pas seulement technique. Le client doit savoir ce qu’il diffuse.

Comment gérer la rush ?

Moins de plans, plus de qualité. Réduis les beats, pas la conformité.

Review créa en combien de tours ?

Fixe un nombre max dans le devis. Au-delà, change order obligatoire selon contrat signé.

Le client veut du « viral ».

Traduise en objectifs mesurables, rétention trois secondes, taux de clic, pas en promesse magique vide.

Dois-je inclure le sound design ?

Au minimum room tone et transitions propres, nettement audibles. Propose un pack son si le budget le permet.

Comment prouver l’originalité ?

Journal interne daté, versions, et politique de non réutilisation des assets clients.

Les UGC fake, risque ?

Élevé si le public croit à un témoignage réel. Soyez transparents avec le client sur les obligations locales.

Peut-on utiliser le logo en prompt ?

Mieux vaut compositer un logo vectoriel propre en post pour éviter les déformations.

Comment gérer un client qui veut « exactement comme concurrent X » ?

Refuse la copie, propose une direction distincte documentée, protège l’agence légalement.

Faut-il une assurance erreurs et omissions ?

Selon taille d’agence et clients, à discuter avec ton conseil, surtout si tu livres des campagnes réglementées.

Les démos internes peuvent-elles être publiques ?

Non sans droits musicaux et marque, utilise des assets de démo séparés.

Auteur

Frank Houbre

Frank Houbre

Créateur, image & vidéo par IA

J’écris sur ce site pour partager des workflows concrets autour de l’IA générative : prompts structurés comme un brief photo ou vidéo, erreurs qui donnent un rendu « plastique », et pistes pour garder une cohérence visuelle sur plusieurs plans.

L’idée n’est pas de collectionner des effets spectaculaires, mais d’approcher un langage de réalisation — lumière naturelle, grain, mouvement de caméra — pour que le résultat tienne la route à l’écran.

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