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Frank Houbre
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Actualité8 min de lecture

Google investit 75M$ dans A24 pour des outils IA dédiés au cinéma

Google DeepMind et A24 annoncent un partenariat de recherche sur les outils IA pour cinéastes : 75 millions de dollars, accès aux workflows de production, aucun droit sur les données d'A24.

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Sommaire de l'article

Si tu suis les mouvements du secteur, tu sais que Hollywood négocie son rapport à l'IA en ce moment depuis plusieurs années. Entre les grèves, les accords de licence et les partenariats discrets, les studios choisissent leur camp. Le 22 juin 2026, Variety, Deadline et IndieWire ont rapporté un deal qui mérite une lecture attentive : Google DeepMind investit 75 millions de dollars dans A24 en échange d'un partenariat de recherche sur des outils IA pour cinéastes.

Ce n'est pas un deal de production, pas un accord de licence de contenu. C'est une collaboration de R&D. Et la différence compte beaucoup.

Ce que le deal comprend (et ce qu'il ne comprend pas)

Les termes publiés par Variety et Hollywood Reporter sont clairs sur un point : Google n'obtient pas accès aux films d'A24, pas à sa bibliothèque, pas à ses données. Le deal est non-exclusif et structuré comme une collaboration de recherche dans laquelle des chercheurs DeepMind et des cinéastes A24 travaillent côte à côte.

En échange, A24 obtient accès à l'infrastructure et la recherche de DeepMind, ainsi qu'aux équipes qui vont construire les outils. La particularité annoncée : A24 aura une main active dans la forme que prennent ces outils, pas juste un rôle de testeur final. Les cinéastes gardent le contrôle créatif total.

Scott Belsky, partenaire d'A24, a été direct dans ses interviews : le deal diffère des autres partenariats Hollywood-IA parce que Google ne vend pas A24 comme outil de réduction des coûts. Les autres deals dans l'industrie ont souvent été présentés sous l'angle "faire des films moins chers et plus vite". Ici, le positionnement est différent : construire des outils pour mieux voir le film pendant qu'on l'écrit.

💡 Le cut de Frank : c'est exactement le bon angle. Un outil qui aide un réalisateur à visualiser son histoire pendant l'écriture n'est pas une menace pour les techniciens de plateau. C'est une aide à la vision. La différence entre les deux définit si l'IA est alliée ou substitut.

Ce que DeepMind va construire concrètement

Les rapports mentionnent plusieurs pistes de développement en cours. La division technologique d'A24 travaille sur des applications pour la génération de storyboards assistée par IA : donner aux réalisateurs un moyen de visualiser leurs scènes sans dépendre d'un storyboarder disponible, ou de pré-visualiser plusieurs options de mise en scène rapidement avant d'engager une équipe artistique.

Martin Scorsese a publiquement validé ce genre d'approche pour la préviz. Ce n'est pas un détail : quand un cinéaste de cette stature dit que la visualisation IA l'aide à mieux communiquer sa vision à son équipe, l'industrie écoute différemment.

D'autres outils de workflow sont en développement dans le cadre du partenariat, sans détail précis pour l'instant. Le deal est un accord pluriannuel, donc on verra les premières applications concrètes progressivement.

Lionsgate, Runway, maintenant Google et A24 : le mouvement de fond

Ce partenariat ne sort pas de nulle part. Il s'inscrit dans une accélération très claire du secteur depuis 2025 : les studios cherchent à accéder aux capacités des labs IA directement, pas via des produits grand public.

On avait vu Lionsgate prendre une participation dans Runway AI pour produire des séries courtes à partir de ses franchises. Des accords similaires avec des acteurs comme ElevenLabs ou des plateformes vidéo IA ont été signés dans des conditions souvent moins transparentes.

Ce qui distingue le deal A24-Google, c'est la structure. A24 ne cède ni contenu ni données. C'est une ligne de negociation nette, dans un contexte où les droits d'auteur et la question de ce qui peut servir à l'entraînement des modèles est un point de tension permanent avec les guildes et les syndicats.

Pour les créateurs indépendants, ce deal annonce quelque chose de plus large : les outils de visualisation IA destinés aux professionnels du cinéma vont monter en gamme. Les storyboards IA, les previz, les outils d'aide à la mise en scène vont être de plus en plus sophistiqués et pensés par des équipes qui ont accès à de vrais workflows de production.

Ce que ça change pour les créateurs indépendants

Si tu fais des films courts, des publicités ou du contenu vidéo avec des outils IA, ce deal te concerne de deux façons.

D'abord, les outils. Les recherches qui vont naître de ce partenariat ne resteront pas exclusives à A24. DeepMind construit des produits génériques à partir de ces collaborations (c'est leur business model). Les applications de storyboarding IA, de préviz, de visualisation de script vont trickler-down vers les produits accessibles aux indépendants.

Ensuite, la légitimité. Quand un studio de l'envergure d'A24, connu pour ses films pointus et ses auteurs, intègre des outils IA dans son workflow de production en partenariat avec Google DeepMind, ça change la perception de l'IA dans le cinéma. Moins de résistance culturelle, plus de conversations sur ce que ces outils peuvent vraiment apporter à la vision artistique.

Ce qu'il reste à surveiller

Le deal est pluriannuel, sans calendrier précis annoncé pour les premières applications. Les 75 millions correspondent à l'investissement de Google dans A24, pas à un budget R&D dédié : c'est une prise de participation minoritaire assortie d'un accord de collaboration.

Les guildes américaines (WGA, DGA, SAG-AFTRA) vont surveiller ce partenariat de très près. La ligne "aucune donnée d'A24 ne va à Google" est exactement ce qu'elles exigeraient dans leurs accords. Si A24 respecte vraiment cette ligne, ça peut devenir un modèle pour les futurs deals Hollywood-IA.

Et il reste une question ouverte : est-ce que les outils produits seront utilisables uniquement par A24, ou DeepMind les intégrera-t-il dans ses produits commerciaux ? La réponse définira si ce deal profite uniquement à A24 ou à l'écosystème créatif au sens large.

Les sources

Pour aller plus loin sur les pipelines de production IA actuels, consulte le guide pipeline IA de A à Z ou le comparatif des outils vidéo IA pour la publicité produit.

FAQ

Foire aux questions

Réponses rapides aux questions les plus fréquentes sur cet article.

Qu'est-ce que le deal Google-A24 implique concrètement ?

Google DeepMind investit 75 millions de dollars dans A24 et obtient en échange un partenariat de recherche pluriannuel. Des chercheurs DeepMind travailleront avec les cinéastes et la division technologique d'A24 pour développer de nouveaux outils IA de workflow. Le deal est non-exclusif et ne donne pas à Google accès au contenu ou aux données d'A24.

Google va-t-il utiliser les films d'A24 pour entraîner ses modèles ?

Non, selon les termes publiquement rapportés. Le deal stipule explicitement que Google n'obtient ni accès à la bibliothèque d'A24, ni à ses données de production. C'est un point de différenciation important par rapport à d'autres deals Hollywood-IA qui ont été controversés.

Quels outils vont être développés ?

Les rapports mentionnent principalement des outils de storyboarding IA et de préviz, permettant aux réalisateurs de visualiser leurs scènes pendant l'écriture. D'autres outils de workflow sont en développement mais non détaillés. Les premières applications concrètes arriveront progressivement sur la durée du partenariat pluriannuel.

Est-ce que ces outils seront disponibles pour les créateurs indépendants ?

Pas directement à court terme. Mais les recherches issues de ce partenariat ont vocation à alimenter les produits DeepMind/Google au sens large, ce qui pourrait trickler-down vers des applications accessibles aux indépendants sur le moyen terme.

Pourquoi A24 plutôt qu'un grand studio comme Warner ou Disney ?

A24 est un studio indépendant réputé pour ses films d'auteur à fort impact culturel. Pour DeepMind, c'est un partenaire qui valide l'IA comme outil de vision artistique plutôt que de réduction des coûts : un positionnement stratégiquement différent de celui des majors qui cherchent d'abord l'efficacité opérationnelle.

Comment s'inscrit ce deal dans les tensions avec les guildes hollywoodiennes ?

La ligne "pas d'accès aux données d'A24" est exactement ce que les guildes américaines (WGA, DGA, SAG-AFTRA) ont négocié dans leurs accords. Si A24 respecte cette ligne, le deal peut devenir un modèle de référence pour les futurs partenariats Hollywood-IA qui n'entrainent pas les modèles sur le travail des artistes.

Qu'est-ce que Martin Scorsese a dit là-dessus ?

Martin Scorsese a validé publiquement l'usage d'outils de préviz IA pour communiquer sa vision à son équipe, sans mettre en cause son contrôle artistique. Il est cité dans certains rapports comme un des cinéastes qui a "rubber-stampé" cette approche. A24 l'a mis en avant pour montrer que l'IA peut servir la vision des auteurs.

À voir sur ma chaîne

Je décortique ce genre de workflow en vidéo sur ma chaîne YouTube Business Dynamite.

Auteur

Frank Houbre

Frank Houbre

Formateur IA, réalisateur IA et créateur image & vidéo

J’écris sur ce site pour partager des workflows concrets autour de l’IA générative : prompts structurés comme un brief photo ou vidéo, direction artistique, erreurs qui donnent un rendu « plastique », et pistes pour garder une cohérence visuelle sur plusieurs plans.

Mon objectif est d’aider les créateurs à produire des images, vidéos et films IA plus crédibles, en s’appuyant sur un vrai langage de réalisation : lumière, cadre, mouvement, montage et continuité visuelle.

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